08/06/2018

Les gardiennes, Xavier Beauvois


1915, les hommes sont partis au front et ce sont les femmes, à la ferme du Paridier, qui les remplaçent. Travaillant de l'aube au coucher du soleil, leur vie est rythmée entre le dur travail des champs, le soin apporté aux bêtes et le retour des hommes en permission.

Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l'assistance publique pour les seconder elle et sa fille. Francine pense avoir trouvé une famille.

Une plongée dans l'autre guerre de 19014-1918, celle des femmes. La guerre des femmes fortes, qui n'ont pas le choix et qui triment dur ; qui doivent prendre des décisions en l'absence de leur mari, de leur père, de leur frère ; celle des femmes fragiles qui se reposent un temps dans les bras d'un soldat américain.

Un film austère, rude, qui ne laisse pas de place aux bons sentiments. C'est un peu "marche ou crève" comme au front... L'honneur de la famille seul compte et elle en sont les gardiennes.

"Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps", Jean d'Ormesson

08/10/2017

Norma, opéra de Vincenzo Bellini




Créé en 1831 à la Scala de Milan, cet opéra en 2 actes de Bellini se déroule en Gaule, au temps de l'occupation romaine, vers 50 avant JC.


Il narre l'intrigue amoureuse qui lie Pollione, proconsul romain, à Norma, son ancienne compagne, et à la jeune Adalgisa. À cette intrigue, se mêle le soulèvement du peuple gaulois contre l'occupant, mené par le druide Oroveso, le père de Norma.

Norma, grande prêtresse du temple druidique qui a eu (rompant ses vœux de chasteté) deux enfants de Pollione, découvre que son amant est amoureux d'une jeune prêtresse, son amie, Adalgisa. 
Norma tente de le convaincre de renoncer à Adalgisa et de lui revenir, mais il refuse. Norma avoue alors publiquement sa faute et est condamnée à mort. 
C'est du grand opéra que nous offre là Bellini, avec des portraits de femmes fortes et courageuses, des rôles très exigeants pour des soprano de haut vol, le rôle préféré de Maria Callas... 
Bien sûr, je ne peux résister au plaisir de vous laisser "déguster" l'air "Casta Diva"... le solo de Norma.


30/08/2017

Les choses de la vie, Claude Sautet



Pierre (Michel Piccoli) est victime d'un terrible accident de voiture. 

Étendu sur l'herbe, il est encore conscient, il sait qu'il vient d'avoir un grave accident et il revoit tout ce qui fait le sel de la vie. Les petits moments avec les amis, la complicité, le rire, un bon restaurant, la plage, le vent, le soleil... "Les choses de la vie"...
Ses vacances avec sa femme (Léa Massari) et son fils à l'Ile de Ré, mais également sa maîtresse Hélène (Romy Schneider).

Les flash-backs sont nombreux et l'on assiste -au ralenti- aux 5 secondes que dure réellement l'accident de voiture de Pierre. 
Un classique de Claude Sautet, couronné en 1970 par le Prix Louis Deluc. Dialogues de Jean-Loup Dabadie. Romy Schneider est belle et lumineuse, Michel Piccoli, terriblement séduisant, comme toujours. 

Un classique...



Entre les oreilles de D. Foenkinos




22/08/2017

Le Parrain, Martin Scorcese


Tiré du roman éponyme de Mario Puzo, le film "Le Parrain" nous dépeint l'histoire d'une famille sicilienne, qui est arrivée au sommet de la mafia new-yorkaise. C'est le charismatique Marlon Brandon qui joue le rôle du patriarche, Vito Corleone. L'histoire d'une ascension sociale spectaculaire, dans la mafia et les trafics en tout genre.

Le film débute par le mariage grandiose de la fille unique du Parrain, où il reçoit les cadeaux et les doléances de tous ceux qui viennent lui présenter leurs hommages. Son pouvoir est immense, tous lui obéissent et écoutent ses conseils. En échange de sa protection et de celle de tous les hommes influents qu'il a achetés (Police, Magistrats...) , il accepte des contrats... Vengeances, meurtres, rackets, tout tourne autour de cet homme et de ses fils, sauf Michael (interprété par le très séduisant et ténébreux Al Pacino) qui revient de la guerre et a toujours refusé de rentrer dans les "affaires"
Le jour où Vito Corleone est laissé pour mort, victime d'une vendetta, Michael Corleone décide alors de travailler pour son père et devient un personnage incontournable dans la famille.

Ces mafieux ont deux visages, celui d'hommes proches de leurs familles, de leurs enfants et de leurs traditions ; et celui d'hommes prêts à tuer pour une question d'honneur ou de vengeance familiale. 
La violence est partout, ils sont armés "jusqu'aux dents", ils ne font aucun déplacement sans leurs gardes du corps.
C'est toute une époque (les années 50), une ambiance et tout un milieu à part que nous dépeint Martin Scorcese, dans ce film culte, avec des acteurs exceptionnels, Marlon Brandon, Al Pacino, mais aussi James Caan... 
Du grand art !


"Il n'est pas de sanctuaire pour le meurtre ; il n'y a pas de barrière pour la vengeance"

W. Shakespeare ; Hamlet (1603)

18/07/2017

L'Ingénue libertine, Colette



"L'Ingénue libertine" est un roman écrit par Colette, publié en 1909Colette est une femme libre, engagée et qui plaide en faveur de l'émancipation féminine. Elle aussi a connu "L'entrave", lorsqu'elle était mariée à Willy... Elle sait ce que c'est d'être une femme mariée au XIXè siècle.

Le titre même de ce roman dépeint bien le paradoxe de Minne, ingénue d'un côté et libertine de l'autre. C'est un roman qui fait la part belle aux sentiments et aux attentes des femmes. 

Ce roman raconte les mésaventures de Minne, une ravissante jeune fille adorée par sa maman et entourée de son oncle maternel et de son cousin. Elle suit les cours des demoiselles Souhait avec des jeunes filles bien élevées... Tout a été arrangé pour que Minne ait une vie douillette et sans aucun souci.

Mais Minne rêve d'autre chose, elle veut connaître ce qu'elle appelle l'Aventure. Elle s'entiche alors d'un voyou des rues et rêve d'enlèvement...

Quelques années plus tard, on la retrouve mariée à son cousin Antoine, vivant dans le luxe de la grande bourgeoisie et déçue de l'Amour. Minne va chercher avec détermination l'homme qui lui saura lui donner ce bonheur merveilleux dont toutes les femmes qu'elle connaît parlent, le plaisir physique.

Alors qu'elle vient de se donner à un nouvel amant, Minne dépeint sa déception : "Ce plaisir là, il me le vole! C'est à moi, à moi, ce foudroiement divin qui le terrasse sur moi ! je le veux, ou bien, qu'il cesse de le connaître par moi!..".  Et elle ajoute "Je ne vous aime pas assez pour revenir. Avant-hier, je n'en savais rien. Vous ne saviez pas, hier, que vous m'aimiez. Nous avons fait, tous deux, des découvertes". Puis elle glisse vivement vers la porte, pour qu'il n'ait pas le temps de lui faire du mal.

Le plaisir de l'amour est le parfum qui nous suit jusqu'au tombeau.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)











29/05/2017

Les affranchis, Martin Scorcese



Ce film de Martin Scorcese nous retrace le parcours de Henry Hill, gamin des quartiers pauvres de New-York, mi-irlandais, mi-italien, qui va monter les échelons de la Mafia, jusqu'à faire partie de cette fine équipe qui trafique tout ce qui peut se vendre, les cigarettes, les homards, les manteaux de fourrure.
Ce faisant, il devient un "affranchi", qui n'a peur de rien ni de personne, qui a des privilèges, qui passe devant les autres et pour qui une table est toujours disponible dans les boîtes à la mode...

Niveau casting, c'est du lourd : Ray Liotta (Henry) entouré de Robert de Niro (Jimmy) l'acteur fétiche de Scorcese et Joe Pesci (Tom) dans son rôle de petit teigneux susceptible... qui d'ailleurs obtient l'Oscar 1990 du meilleur second rôle.

La vie coule, les années passent, avec les petites copines, les mariages, le baptême des enfants, entourés de leurs "parrains", une "vraie famille", soudée même dans les mauvais moments.
Lorsque Henry se retrouve en prison, Jimmy prend soin de sa femme et de ses enfants, les dépanne financièrement.

C'est le meurtre de Billie Batts, un caïd sorti de prison, qui va sceller le destin des trois hommes. A partir de cette bavure, le caïd de la bande adverse va chercher à se venger à tout prix.

L'alcool, la drogue, les grosses voitures, les visons... et par-dessus tout la violence, avec comme dans la plupart de ses rôles, un Joe Pesci bien remonté, sans aucun scrupule, susceptible comme une vierge effarouchée, qui "dézingue" à tout va. Du Scorcese comme on les aime.

"La violence est une forme d'amour"
Bernard Giraudeau




05/04/2017

La chamade, Françoise Sagan



En 1965, presque dix ans après la publication de "Bonjour Tristesse", Françoise Sagan, que le Général de Gaulle a déjà baptisé un "charmant petit monstre" publie "La Chamade".

Lucile, une très jolie femme de trente ans vit avec Charles Blassans-Lignières, un quinquagénaire élégant et fortuné qui l'entoure d'un amour désintéressé et protecteur.
Lors d'un dîner mondain, Lucile rencontre Antoine, jeune journaliste entretenu par Diane, une richissime femme très en vogue dans ce milieu parisien et superficiel. A la fin du dîner, les jeux sont faits. Lucile et Antoine se plaisent.

De retour chez Charles, celui-ci, qui aime profondément Lucile, lui dit : "Antoine vous plaît : voilà. Vous donnerez suite ou non, je le saurai ou non. Je n'y peux rien."  
C'est alors le début d'une folle passion cachée, qui mène Lucile chaque jour dans le modeste appartement d'Antoine,

Malgré sa profonde affection pour Charles, lorsqu'Antoine lui demande de choisir entre eux deux, elle décide de quitter Charles. "Vous me reviendrez. Je n'ai qu'à attendre." 
Charles ne semble pas en douter. Parce qu'il aime cette femme-enfant pour elle-même et qu'il accepte son insouciance, son oisiveté. Il lui offre un monde facile dans lequel Lucile a su se glisser avecdélice et qu'elle ne tardera pas à retrouver, après une parenthèse dans "la vraie vie".

L'amour fou peut-il résister au quotidien ? Lucile est-elle capable de devenir une femme active, de perdre sa liberté de ne rien faire par amour pour Antoine ?

 Elle finit par quitter Antoine et retourne vivre auprès de Charles :"Je n'étais pas faite pour rien de ce genre... Je serais morte ou je serais devenue laide. J'étais malheureuse, Antoine". 

Dans ce nouveau roman, Françoise Sagan nous dépeint -comme à son habitude- un milieu mondain, superficiel et sans états d'âme, où l'argent et le champagne coulent à flot. 
Un monde dans lequel les femmes sont belles, portent des robes de grands couturiers et se parent de bijoux de chez Cartier. Un monde enfin dans lequel personne ne semble vraiment travailler et où l'argent et le luxe sont une évidence. 

"L'oisiveté est mère de tous les vices, mais de toutes les vertus aussi"
Alain

(Cette citation m'arrange bien !)




28/02/2017

Concerto de l'adieu, Georges Delerue




En 1992, Pierre Schoendoerffer réalise le film 'Dien Bien Phu'.

En 1993, Georges Delerue reçoit le César de la meilleure musique originale pour son fameux 'Concerto de l'adieu '.

Le film nous dépeint les derniers jours avant la chute de Dien Bien Phu. Moment clé de la guerre d’Indochine qui oppose les forces de l’union française aux Vietminh, Dien Bien Phu tombe le 7 mai 1954 aux mains de l'ennemi.
Les parachutistes et les soldats de la Légion étrangère font un dernier baroud d'honneur.
Au total ce sont près de 4 000 paras et légionnaires qui affrontent 40 000 soldats vietnamiens..
Dans le film de Schoendoerffer, la soirée à l’opéra de Saïgon, nous laisse à entendre le magnifique ‘Concerto de l’adieu’ qui va accompagner les derniers soldats vers une mort certaine.
Le violon fait face aux percussions, beauté et grâce face aux bruits et fureurs de la guerre. Les 'sanglots' du violon semblent préparer la France à des deuils douloureux et à la fin d'une époque. 
Les accords de Genève vont mettre fin à la colonisation française.
C'est un déchirement tout en finesse et en virtuosité que nous offre G. Delerue.
Triste, oui, mais sublime...

'Les plus désespérés sont les chants les plus beaux
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots'
Alfred de Musset - La nuit de mai

18/01/2017

Nabucco, Verdi



Petit retour sur cet opéra vu en direct du Metropolitan Opera de New-York, au cinéma... à
Saint-Nazaire.

Opéra en quatre actes, dirigé par James Levine et avec Placido Domingo en ténor flamboyant dans le rôle du charismatique Nabucco.

La ville de Jérusalem est attaquée par le Roi de Babylone, Nabucco. Sa fille Fenena, retenue en otage par le peuple juif est amoureuse en cachette d'Ismaël, le neveu du Roi de Jérusalem. 
Abigaille, la demi-soeur de Fenena, est elle aussi amoureuse d'Ismaël.

Lorsqu'elle apprend qu'elle n'est que la fille d'une esclave, Abigaille, pour se venger de sa demi-soeur et de son père, décide de renverser Nabucco et de prendre le pouvoir de Babylone.
Nabucco, osant se proclamer l'égal des Dieux tombe terrassé par la foudre divine. Affaibli, il signe l'arrêt de mort des hébreux. Dans le célèbre air "Va pensiero", ou le choeur des juifs, ces derniers rêvent à leur patrie perdue.
Dans le dernier acte, Nabucco, tel le phénix renaissant de ses cendres, reprend les rênes de son royaume, demande le pardon aux juifs et à son peuple et ordonne à ses soldats de ne pas procéder à l'arrêt de mort.

Quatre actes, trois heures et demie pour un opéra qui traite de l'amour, de la trahison, de l'honneur thèmes chers à l'opéra classique.
En 1842, à la Scala de Milan, Verdi reprend un sujet biblique et enthousiasme le public, avec ses accents romantiques et pleins d'espoir d'une Italie qui rêve elle aussi à une unité nationale.

C'est un opéra fougueux, enflammé, avec des décors magnifiques, représentant successivement Babylone et Jérusalem.
Il nous laisse à voir les accès de rage d'Abigaille, jalouse, ainsi que la vaillance, la démesure et pour finir l'humanité de Nabucco, sous les traits de Placido Domingo, qui, a près de 75 ans, campe un Roi puissant, charismatique même dans sa démesure...
Je suis sous le charme.







19/09/2016

Les Etats d'âmes de Mme Butterfly : La maison de Claudine, de Colette



Je suis une fidèle lectrice de Colette et n'aurai pas la prétention de poster une critique de son oeuvre ou d'un de ses romans.
Je voudrais simplement vous faire partager mes émotions à la lecture de "La maison de Claudine" qui pour moi, est l'un de ses plus beaux livres.
Réparti en 35 chapitres, ce livre de nouvelles nous fait partager ses souvenirs d'enfance, sa maison , sa famille, mais surtout sa mère, Sido tant aimée.
Il fait également la part belle aux animaux, que Colette aimera  autant que sa mère.

Dans la première nouvelle "Où sont les enfants ?", Colette décrit sa maison et son jardin, ou plutôt ses deux jardins, le Jardin-du-Haut et le Jardin-du-Bas. Une maison qu'elle décrit comme boiteuse, comme son père "Le Capitaine", unijambiste : "une maison bourgeoise de vieux village,  mais la roide pente de la rue bousculait un peu sa gravité, et son perron boitait, quatre marches d'un côté, six de l'autre". Sido appelle les enfants et s'inquiète, même après sa mort ; "...elle erre et quête encore, invisible, tourmentée de n'être pas assez tutélaire : "Où sont, où sont les enfants ? ...".

Colette évoque également la jeunesse de sa mère, l'arrivée dans sa vie du "sauvage", le premier mari de Sido. La fille aînée de Sido "Ma sœur aux longs cheveux", qui passe ses journées couchée, à lire. Elle évoque aussi la petite fille qui rêve de longs voyages, mais qui, se rendant compte que la lumière du salon vient de s'allumer "goûte la condition délicieuse d'être...une de celles qui limitent leur univers... au cirque de clarté épanoui sous une lampe et que traverse, tirant un fil, une main bien-aîmée, coiffée d'un dé d'argent".

Dans "Ma mère et les bêtes", Colette nous décrit son retour d'un voyage à la capitale. 
Repue de théâtres, de musées, d'emplettes, elle rentre chez elle et apprend que "Nonoche aux trois couleurs avait enfanté l'avant-veille, Bijou sa fille, la nuit d'après"...
"Je courus à la grande corbeille débordante de chats indistincts... un tout petit chat tavelé comme une genette et qui dormait, repus, le ventre en  l'air sur ce désordre, semblait assassiné...".

Je ne citerai pas "La noce", ni "Bâ-Tou", ni les autres nouvelles qui composent ce livre. 
Elles sont plus belles et plus poétiques les unes que les autres. Nul besoin d'écrire en alexandrins pour écrire de belles choses ! Les mots sont choisis avec soin, exprimant au mieux les sentiments, les souvenirs, les sensations, les senteurs qui ont enchantées son enfance.

Je lis et relis inlassablement quelques uns des plus beaux livres écrits par Colette et je ne m'en lasse pas. Elle est certainement un écrivain de la nostalgie, un peu comme l'était Proust, mais sans snobisme, avec un naturel et une facilité déconcertants.


Albert Cohen







16/09/2016

Casino, réalisé par Martin Scorcese


Les années 70, Las Vegas, une étoile au milieu du désert. 

C'est dans ce paysage lunaire et irréel que règne Sam "Ace" Rothstein, patron du Tangiers, un magnifique casino. Son ami d'enfance Nick a été envoyé sur place par la pègre italienne pour veiller sur sa personne et surtout sur les montagnes d'argent qu'il leur fait gagner.

Une nuit,  il a le coup de foudre pour une très belle arnaqueuse... et décide rapidement de l'épouser arrivant à la convaincre à coup de dollars, de bijoux et de manteaux de fourrure.

C'est le début de la fin pour ces arnaqueurs !

C'est en fan quasi inconditionnelle de Robert De Niro que j'ai regardé ce film ; De "Voyage au bout de l'enfer" en passant par "Taxi Driver" ou "Raging Bull",  De Niro est un vrai caméléon et se fond dans ses personnages avec une facilité déconcertante. 
Dans "Casino", il est tout à fait à sa place, avec ses costumes clinquants ou pastels, assortis à ses chaussures vernies. De son côté, Joe Pesci se déchaîne, en petit truand ambitieux, capable d'une violence démesurée. Sharon Stone n'est pas en reste, très en beauté, mise en valeur par ses magnifiques costumes et coiffures endossant un rôle alternant la flamboyance et la déchéance d'une femme.
Un jeu d'acteurs époustouflant !

Un film réalisé par Martin Scorsese, digne du "Parrain", avec une BO envoutante, alternant le blues, la soul, le disco. 
Champagne, dollars, coke, visons et zibeline ; Les têtes tournent, comme la roulette du casino, qui décide du sort de ceux qui misent tout sur une couleur. 

Du grand art...



08/09/2016

Mystic River, réalisé par Clint Eastwood


Ce film de Clint Eastwood, récompensé  par deux Oscars, met en scène trois amis d'enfance que la vie
n'a pas épargnés.
Jimmy Markum, Dave Boyle et Sean Devine ont grandi ensemble dans les rues d'un quartier difficile
de Boston.

Un jour que les trois copains jouent dans la rue, Dave se fait enlever par un inconnu, sous les yeux 
impuissants de ses copains. Il passera plusieurs jours avec des pédophiles avant de réussir à se sauver.

Après ce drame, leurs routes se séparent ;  Jimmy passe par la case prison, Sean s'engage dans la police
et Dave ne sera plus jamais que l'ombre de lui-même.

Des années plus tard, un nouveau drame remet soudain les trois hommes en présence : la fille de 19 ans 
de Jimmy, Katie, est assassinée. Sean mène l'enquête criminelle.
La nuit du drame, Dave est rentré chez lui couvert de sang et incapable de donner une explication crédible
à sa femme. Celle-ci, apeurée, ne tarde pas à se confier à Jimmy. Celui-ci demande à ses hommes de 
main d'aller interroger les éventuels témoins et de trouver le coupable.

Jimmy (Sean Penn) crève l'écran par son charisme, sa violence dans son chagrin, son instinct de 
survie, sa carrure de chef de clan, familial et mafieux.

Encore une fois, Clint Eastwood nous éblouit avec sa  manière bien à lui de mener ses acteurs ; il réussit
à obtenir de Sean Penn une sacrée performance entre violence et sensibilité, performance qui le porte
au niveau d'acteurs "culte" -pour moi- tels que Al Pacino ou Robert de Niro. 

Enfin et vous l'aurez bien compris, je suis un peu "fan" de Sean Penn. Et encore une fois, ce film est tiré
d'un roman de Dennis Lehane...




17/08/2016

Le Dahlia Noir, Brian de Palma


Ce film policier de Brian de Palma, "maître du suspense", met en scène deux flics de Los Angeles dans les années 40, Dwight Bleichert dit "Bucky" et Leland Blanchard, "Lee", surnommés également Monsieur Feu et Monsieur Glace par leurs collègues du LAPD, après un match de boxe plutôt mouvementé.

Les deux inspecteurs doivent résoudre l'affaire de l'année, à savoir la découverte d'un cadavre de femme horriblement mutilé. Cette histoire, inspirée d'un faits divers réel, fait couler beaucoup d'encre, la Police doit démasquer le tueur sous une semaine. La jeune victime s'appelle Elisabeth Short ; elle est connue sous le nom du "Dahlia Noir". 

On découvre toute la noirceur de cette société d'après-guerre qui veut toujours plus ! Plus d'argent, plus de sexe, plus de musique. Los Angeles (et ses studios de cinéma) semble attirer à elle les jolies femmes en quête de gloire comme les papillons sont implacablement attirés par la lumière.

A travers l'enquête criminelle menée par nos deux héros, Brian de Palma restitue avec bonheur l'ambiance des années 40. Tout y est, le jazz, les décors, l'architecture, la mode mais aussi les bagarres, la violence, les trafics en tout genre, le racisme.

C'est également un plongeon dans le parcours personnel de ces deux héros, liés par leur travail commun mais aussi par une femme, Kay, interprétée avec beaucoup de classe par la très blonde Scarlett Johansson.


Un beau policier, traité comme un magazine de mode !


Ténèbres, prenez-moi la main, Dennis Lehane



Décidément, je suis abonnée aux livres de Lehane...
Après Shutter Island et Mystic River, Dennis Lehane nous replonge dans son univers de prédilection, avec ce roman "noir" qui met en scène un duo de détectives privés, Patrick Kenzie et Angela Gennaro.


Alertés par la psychiatre Diandra Warren qui a reçu des menaces, le tandem se lance à la recherche d'un tueur extrêmement violent et très rusé. 

Cette enquête va les mener par le bout du nez, les traînant à travers les rues de Boston, sur les traces de leur enfance et de leurs copains d'enfance qui comme eux, ont connu la rue pour tenter de fuir un foyer familial déficient. 
Certains s'en sont sortis, comme eux, cahin-caha et avec des bleus à l'âme ; d'autres sont tombés de l'autre côté du mur, du côté sombre de la délinquance, des magouilles en tout genre et de la violence.

Outre l'intrigue policière très fouillée, qui nous tient en haleine du début à la fin, ce roman nous démontre -si besoin était- que l'on traîne toujours son enfance et ses secrets comme un boulet au bout de notre jambe.

J'avais -une fois n'est pas coutume- pressenti l'identité du tueur avant les dernières pages !  Il n'en reste pas moins que c'est avec beaucoup d'appréhension que j'ai tourné ces pages, angoissée par la vérité que j'allais y trouver. 
Nos émotions sont soumises à rude épreuve à côtoyer ainsi la peur, l'amour et la violence.

Un très bon roman policier avec un duo de choc de détectives qui se connaissent depuis toujours et qui sont, je l'ai appris en me documentant sur l'auteur, le tandem choc de détectives privés que Lehane a choisis pour ces cinq premiers romans, d'Un dernier verre avant la guerre jusqu'à Prières pour la pluie.



05/06/2016

Shutter Island, Dennis Lehane


Septembre 1954 : le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck arrivent par bateau sur "Shutter Island", au large de Boston ; c'est un hôpital psychiatrique pour assassins et malades dangereux. Ils sont mandatés par les autorités de cette hôpital-prison, car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel.

L'enquête policière commence alors, à la recherche de cette patiente, qui s'est enfuie alors que sa cellule était fermée à clé de l'extérieur.
Les deux policiers font le tour de l'île, découvrent un cimetière, des falaises escarpées, un phare abandonné et essaient de décrypter le seul indice que Rachel ait laissé : une simple feuille de papier sur laquelle est écrite une suite de chiffres et de lettres apparemment incohérente.

Progressivement, entre interrogatoires des derniers patients à avoir vus Rachel et entretiens avec médecins et aide-soignants, on découvre un monde secret et angoissant... Il semblerait qu'il y ait un mystère sur "Shutter Island", mais lequel ?

Ce roman fait plus qu'évoquer la psychiatrie des années 50 qui arrive à un tournant ; la lobotomie trans-orbitale pratiquée à outrance en psychochirurgie pour traiter les maladies mentales, telles que la schizophrénie, l'épilepsie, et même les maux de tête chroniques vit ses derniers jours.
En effet, l'arrivée des premiers neuroleptiques, du traitement par le lithium et des premiers antidépresseurs va mettre fin à cette pratique d'un autre âge.

C'est avec un rythme haletant que Dennis Lehane (qui nous avait déjà largement bluffés avec "Mystic River") nous fait voyager dans le présent et dans le passé du Marshal Teddy Daniels, nous laissant entrevoir un bout de vérité avant de le cacher à nouveau par un épais rideau. 

J'avais déjà vu l'adaptation cinématographique du roman ; cela m'a aidé à entrevoir "une certaine vérité", car je pense qu'il n'y a pas qu'une seule solution à ce mystère ! Chacun peut y voir ce qu'il veut. 


29/05/2016

Ambulance 13, Patrice Ordas, Alain Mounier, Sébastien Bouet


Je termine la lecture des tomes 5 et 6 de cette superbe série... le jour où la France et l'Allemagne commémorent le centenaire de la bataille de Verdun !

Le 22 janvier 1963, le Général de Gaulle et le Chancelier allemand Adenauer avaient signé un traité, entérinant la relation de confiance et d'amitié qui s'est instaurée entre les anciens ennemis héréditaires, à peine dix ans après le début de la réconciliation, amorcée par la déclaration Schuman de 1950 et actée par la création de la Communauté économique européenne en 1957. 

Cette réconciliation enterre définitivement une période sombre qui aura coûté la vie à des millions de soldats français et allemands. 

2016 marque l'inauguration du Mémorial de Verdun.  Un devoir de mémoire, une nécessité de pardonner l'impardonnable, sans oublier l'horreur de cette guerre.

Ces tomes 15 et 16 d'Ambulance 13 dépeignent toujours l'enfer des tranchées, avec l'arrivée des américains en 1917 et leurs armées "indigènes" de soldats amérindiens, aussi mal considérés que nos tirailleurs sénégalais. Ils ne font même pas partie de l'effectif officiel de l'armée américaine... Les tueries entre indiens et soldats bleus ne sont pas si lointaines et les américains envoient les indiens au massacre !

Et toujours ce même aveuglement des Etats majors qui semblent donner des ordres complètement à côté de la réalité du terrain... Nos poilus l'appelaient "La der des ders"... Il semblerait qu'ils aient eu tort... 
Comme l'a si bien écrit Georges Clémenceau en 1886: "La guerre ! c'est une chose trop grave pour la laisser à des militaires" .

Les guerres continuent et des hommes et des femmes souffrent dans le monde entier, sous l'indifférence presque totale, malgré l'avalanche d'informations dont nous disposons actuellement, en temps réel. 




01/05/2016

L'Ambulance 13, Cothias, Ordas, Mounier


Tout juste diplômé de la Faculté de Médecine, Louis-Charles Bouteloup se retrouve sur le front début 1916. Il commande une ambulance mobile dont les infirmiers sont connus autant par leur courage que par leur irrespect pour la hiérarchie militaire. Il vient en remplacement du Docteur Jaquin, qui vient de se faire tuer au front et qui avait su se faire respecter et aimer par ses infirmiers... 
La tâche est rude pour Louis-Charles.


Il fait la connaissance d'une jeune sœur infirmière, Isabelle de Ferlon, qui l'assiste sur les tables d'opération. Cette jeune femme apporte un peu de soleil à tous les soldats, confrontés à l'horreur du champ de bataille et à la violence des affrontements dans les tranchées ou dans le no man's land. 


Comme dans la plupart des guerres, les ordres tombent comme des couperets, mènent les hommes à l'abattoir et sont suivis de contrordres. Cela donne l'impression que l'Etat Major joue avec ses hommes comme avec des soldats de plomb, les déplaçant au gré de ses envies, sur le grand échiquier de la guerre.

Les dessins sont superbes ; ils décrivent avec une grande précision les tranchées,et les conditions de vie des poilus. Les couleurs sont explicites, le gris pour les tranchées, le rouge pour la violence des obus et des blessures.
Les textes ne sont pas en reste : "Au nord, l'enfer se rapproche... Ils sont isolés, à quelques mètres des troisièmes lignes qui, bientôt, seront sans doute les premières, avec quelques hommes chargés d'endiguer une marée qui les contournera peut-être comme la mer le fait d'un château de sable avant de s'abattre sur le village...".


J'attends de lire la suite avec impatience.

22/04/2016

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand


Poète, homme d’esprit et Capitaine des Cadets de Gascogne, Cyrano de Bergerac ne manque pas de panache ; c'est même là sa signature.  
Affublé d'un nez démesuré et inqualifiable, il se croit laid et semble avoir renoncé à l'amour. Il n'ose pas avouer à sa cousine Roxane ce qu’il éprouve pour elle car elle lui annonce qu'elle est tombée amoureuse du Baron Christian de Neuvillette, qui vient d'intégrer la troupe des Cadets de Cyrano. 
Autant Cyrano n'a pas de succès auprès des femmes, autant Christian est très bel homme, quoique peu cultivé. Sachant que Roxane, précieuse, attendra que Christian lui déclare sa flamme avec verve, Cyrano lui propose un pacte dangereux ; permettre à Christian de faire sa cour à la belle, avec ses mots à lui.  
Commence alors une véritable "joute verbale", dans laquelle Cyrano exprime ses propres sentiments pour servir son rival.  
Éminemment romantique, "Cyrano de Bergerac" exalte la passion amoureuse, la poésie et tout ce qui fait de ce héros un homme extraordinaire de par l'étendue de son intelligence, de son courage, de son sens de la justice... La tirade du "nez" est devenue incontournable et je ne prendrai que la fin de cette prouesse :
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

A lire, relire, sans retenue... (Critique faite à 4 mains avec Marine)





"Depuis huit jours, je règne et jusqu'à ce jour,
Qu'ai-je fait pour l' honneur ? J'ai tout fait pour l'amour".
 Bérénice - Racine








15/04/2016

Madame Butterfly, Puccini



Dans une période marquée par un engouement pour l’Extrême-Orient, Puccini se plonge dans la pièce de David Belasco. On se souviendra également de la parution de "Madame Chrysanthème" en 1887, par Pierre Loti. Ce nouveau siècle est féru d'exotisme et de découvertes.

Si la musique et la mise en scène s'inspirent largement du folklore japonais pour notre plus grand plaisir avec kimonos, éventails, pivoines..., Puccini brosse surtout un portrait de femme intemporel, une femme désespérée et bouleversante de justesse et de sensibilité. Présenté à la Scala de Milan en 1904, ce drame de l’amour et de l’attente reste l’un des opéras les plus populaires du répertoire.

En japonais, « papillon » se dit « Cio Cio San ». C’est aussi le prénom de l’héroïne de l’opéra ; Butterfly étant le surnom que lui a donné l’officier américain Pinkerton, son "mari" d'un soir.

Alors que Madame Butterfly prend ce mariage très au sérieux, allant jusqu'à renier sa religion et ses traditions ancestrales, le jeune officier n'y voit qu'un jeu. Après une nuit d'amour, il reprend la route des Etats-Unis, abandonnant Madame Butterfly.
Trois ans ont passé, durant lesquels elle a attendu chaque nuit son retour.

Lorsqu'il revient à Nagasaki, il n'a pas l'intention de revoir sa "mariée" exotique... Mais le consul l'informe que Madame Butterfly a eu un petit garçon de leur union et il décide alors de la revoir.

C'est accompagné de sa femme américaine que Pinkerton, devant le désespoir de Butterfly, prend enfin conscience de sa légèreté et des conséquences qu'elles ont entraînées. Madame Butterfly confie son petit garçon à cette femme qu'elle ne connaît pas mais qui s'en occupera convenablement et se suicide. Pinkerton n'a plus qu'à pleurer sur son inconséquence.

C'est peu dire que la musique est grandiose, que les décors sobres mettent justement en valeur la couleur de la passion amoureuse. Le solo de Madame Butterfly lors duquel elle avoue guetter chaque nuit le retour de son mari est tout simplement déchirant. Personnellement, j'ai été très émue lors de ce passage, pensant à mon tour à toutes les femmes qui attendent le retour d'un homme qui ne reviendra pas.
Pinkerton avait expliqué à Madame Butterfly qu'aux Etats-Unis, on épinglait les papillons sur des cartons pour qu'ils ne puissent jamais s'échapper. Je crois qu'il a réussi à ajouter ce très joli papillon à sa collection.