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10/02/2015

Millenium 1, Stieg Larsson


 



Après un procès en diffamation qu'il perd, l'ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations financières, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête de meurtre. 
Depuis plus de trente ans, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.

Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle, hackeuse hors pair, mais associale, Mikael Blomkvist se plonge dans les milliers de documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Isolé sur une île où tout le monde se connaît, à commencer par les membres de la famille Vanger, le journaliste sur la touche et l'écorchée vive vont faire apparaître au grand jour ce que certaines personnes ont toujours chercher à cacher.

Une introduction un peu longuette... j'ai tenu 100 pages sans grand intérêt et après je me suis prise au jeu des devinettes. On revoit avec Mickaël les archives du vieux Henrik Vanger. Les personnages sont haut en couleur, le fait que tout ce petit monde soit "coincé" sur une île rajoute au suspens. Certains personnages sont carrément détestables, du coup, on est tenté de les suspecter. Puis, nouveau rebondissement.
J'ai fini le roman en quelques jours. Je reste toutefois un peu déçue par la fin, un peu trop rapide, un peu évidente !
C'est vrai que c'est la première fois que je lis un "roman policier moderne"...  Je suis restée prisonnière des bons vieux romans policiers années 50 de James Ellroy, j'ai des excuses et des exigences aussi.
Néanmoins, je commence le Tome 2... c'est plutôt bon signe, non ?

07/12/2014

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

 
Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque.

Le sujet est lourd, d'autant que la personne qui va mourir et qui potentiellement pourrait donner son coeur a à peine 20 ans et est morte dans un accident de voiture. 

C'est pour les parents le début d'un cataclysme, que Maylis de Kerangal décrit fort bien lorsqu'elle fait dire à la mère de Simon : 
"...elle croise son regard dans le miroir ... saisie alors de ne pas se reconnaître, comme si sa défiguration avait commencé,comme si elle était déjà une autre femme ; un pan de sa vie, un pan massif, encore chaud, compact, se détache du présent pour chavirer dans un temps révolu, chuter et disparaître."


Je n'ai pas pu lire ce livre jusqu'au bout, tout d'abord parce que je suis une mère et que cette lecture était trop douloureuse parce que j'y projetais ma propre vie et l'éventualité de la mort de ma fille ; de plus, je n'ai pas aimé l'écriture trop rapide à mon goût, avec des phrases trop longues.


Avec le recul, je pense que ces phrases rapides traduisent peut-être la course en avant de cette femme, le côté "à bout de souffle" de cette mère qui voudrait revenir en arrière, ne jamais avoir reçu ce coup de fil des urgences, ainsi que la course contre la montre de toute une équipe médicale pour réussir un transfert d'organes.
 
De plus, pour l'avoir abordé souvent en famille, le thème du don d'organes reste très complexe, très personnel et fait écho à nos propres "croyances" qui pensent que le coeur serait le réceptacle de nos sentiments, de notre mémoire, voire de notre âme...  

Peut-on donner son coeur pour sauver une autre personne, sans perdre son âme ? 
Avons-nous besoin de notre âme alors que nous sommes morts ?

C'est la grande question du mystère de la mort : Y a-t-il quelque chose après la mort ? Pourrons-nous retrouver nos disparus ? A chacun d'y apporter sa solution, selon ses convictions religieuses et ses croyances.


C'est donc une demie critique que je propose, n'ayant pas eu les tripes d'aller jusqu'au bout.

02/12/2014

Impératrice de Chine, Pearl Buck


En 1852, soixante jeunes filles des plus prestigieuses familles mandchoues sont convoquées au palais de l'empereur de Chine, afin qu'il choisisse ses futures épouses. 
Seule sera impératrice celle qui lui aura donné un fils. Les autres resteront des concubines, plus ou moins délaissées.

Yehonala est encore jeune. 
Très belle, elle est ambitieuse et intelligente et laisse le temps faire son oeuvre pour devenir la favorite de l'Empereur qu'elle n'aimera jamais. Elle lui donne un fils et devient donc Impératrice de Chine, sous le nom de Tzu-Hsi.

A la mort de l'Empereur encore jeune, Tzu-Hsi devient régente de son jeune fils. A ce titre, elle détient intégralement tous pouvoirs, gérant les dossiers politiques avec beaucoup de clairvoyance, d'intelligence et d'intérêt, mais pas sans orgueil parfois.
Cet orgueil, qui lui permet d'être forte en toutes circonstances, lui donne également une dureté qui la dessert.

Alors que j'avais lu "La Mère", qui décrit le quotidien miséreux d'une campagnarde et de ses enfants, à travers le roman "Impératrice de Chine", Pearl Buck recrée pour nous la Cité interdite dans son faste et sa beauté.
C'est un régal de détails, de luxe, de raffinement ; que ce soit relatif à l'aménagement des palais, aux bijoux de l'Impératrice ou pour tout ce qui concerne les jardins du palais, remplis de fleurs et de parfums.

Un beau dépaysement

17/09/2014

20 ans avec mon chat, Mayumi Inaba


En 1977, l'auteure trouve un chaton abandonné et en fâcheuse posture. Commence alors une découverte mutuelle entre la petite Mî et sa maîtresse. Des moments de jeux, de câlins, de regards complices et tendres, mais aussi des coups de griffes et des morsures lorsque Mî et sa maîtresse doivent déménager, quitter leur petite maison avec jardin et changer leurs habitudes. Une petite chatte blanche qui, jour après jour, pousse l'auteure à se dépasser, à s'assumer.

C'est grâce à cette petite chatte que Mayumi Inaba va "s'autoriser" à écrire, à vivre seule une nouvelle vie bohème entourée d'artistes.

C'est aussi à travers elle que nous découvrons une ville en pleine mutation ; Tokyo !
Un joli voyage, rempli de poésie et une ode à nos félins miniatures.

05/09/2014

Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë



Emily Brontë n'a que 26 ans lorsqu'elle publie Les Hauts de Hurlevent. Il est difficile d'imaginer que c'est une "jeune fille" vivant retirée du monde dans un presbytère qui ait pu décrire avec autant de force la passion amoureuse, la soif de vengeance et les drames qui peuvent en découler.

Il semble évident qu'elle s'est largement inspirée du paysage familier qu'elle entrevoit tous les jours (la lande anglaise et les champs de bruyère) de la fenêtre de sa chambre pour bâtir son roman. Elle a sous les yeux tous les matériaux nécessaires à la "construction" de Hurlevent, la demeure de Catherine Earnshaw, bouillonnante "Cathy".

Les sentiments exacerbés qui animent les personnages de Cathy et du ténébreux Heathcliff lui auraient-ils été inspirés par les vents et les pluies de la lande anglaise qui l'entourent ?

Avec Les Hauts de Hurlevent, tous les ingrédients du romantisme et du roman gothique sont au rendez-vous. Un paysage largement tourmenté par les tempêtes de vent et de neige, des personnages déchirés par la passion amoureuse et/ou par la haine ; des personnages haut en couleur, qui ne font pas dans la demi-mesure, quitte à en payer le prix fort.
Pour ma part -et ce depuis plus de 30 ans- ce roman est mon "number one" de la littérature romantique anglaise qui, bien qu'écrit au XIXe siècle, n'en évoque pas moins des sentiments universels et intemporels.

22/08/2014

Billy, Albert French



Alors que les Etats Unis d'Amérique sont aujourd'hui gouvernés par un homme "de couleur", il est difficile de lire qu'en 1937, dans l'état du Mississipi, un gosse de 10 ans est tout simplement réduit à l'état de "nègre".

Une bagarre entre deux jeunes noirs et des jeunes filles blanches qui se termine mal ; un coup de couteau donné par 
Billy parce qu'il a peur, la jeune fille blanche meurt. S'ensuit alors une escalade de la violence ; les Blancs du patelin veulent la peau de ce "nègre". Battue dans la nuit, fouille avec des chiens et les Blancs rentrent victorieux avec une belle prise, un pauvre gosse de 10 ans qui tremble, appelle sa maman et ne comprend pas ce qu'il a fait.

Une écriture âpre pour décrire la haine qui persiste entre ces deux communautés ; une écriture simple et rugueuse pour exprimer le ressenti de deux races, dans un état américain pauvre, où la cueillette de coton est encore le seul moyen de survivre, entre l'église et le bar du coin.

Un livre qui décrit également les sentiments qui lient une mère à son fils, de façon viscérale. Un livre émouvant et qui donne à penser sur le racisme et les changements de mentalité de notre société.

13/08/2014

L'amant, Marguerite Duras



Trente cinq ans après cette rencontre qui devra bouleverser la vie de M. Duras au-delà de ce qu'elle aurait sans doute elle-même imaginé, "L'amant" nous replonge dans ses souvenirs. Son enfance pauvre en Indochine, cette mère aimée et haïe, le petit frère qui ne survivra pas et ce frère aîné "tueur", qui la roue de coups...
Et puis cette sensualité, comme une évidence, cette recherche éperdue du plaisir interdit, cette toute jeune fille presqu'encore une enfant qui se donne chaque nuit à ce Chinois, dans les bas quartiers de Cholong, cachée dans sa garçonnière, au milieu d'une foule laborieuse.
Une écriture rythmée, des mots jetés pêle-mêle, parfois "en vrac" ; une écriture très loin de celle d'Un barrage contre le pacifique, plus méthodique. 

On ressent bien qu'il ne s'agit plus d'écrire un roman à proprement parler, mais plutôt de faire revivre des souvenirs avant qu'il ne soit trop tard, de laisser une trace, de dire enfin la vérité sur cet amant, sur ce qui a été un bouleversement dans sa vie. A lire et à relire...