27/11/2014

L'orphelin d'Anyang, Wang Chao


De nos jours, dans la ville d'Anyang, en Chine, une jeune prostituée abandonne son enfant ; c'est un ouvrier de 40 ans qui vient d'être licencié, qui va décider prendre l'enfant en charge, d'autant que la mère lui propose de le payer 200 yuans par mois et qu'il est sans le sou.

Dans ce film, on nous donne à voir une Chine miséreuse, avec des petits commerces installés sur le trottoir, des vélos par centaine, quelques voitures et des femmes prostitués, exploitées par un gang mafieux.

On est bien loin de l'image de certains chinois de la classe moyenne qui voyagent en Europe et des femmes qui se font refaire le visage...

Cette jeune femme n'a pas le choix que d'abandonner son bébé de quelques mois, l'ouvrier n'a pas le choix que de garder cet enfant, pour gagner sa vie...

Deux personnages que tout oppose ; lui est un homme rustre qui vit chichement, elle s'est habituée à l'argent "facile" et est futile. Néanmoins, ils partagent la même détresse liée à leurs difficultés face à la vie.

Un beau film !

11/11/2014

Gone girl, David Fincher


Alors qu'ils sont sur le point de fêter leur cinquième anniversaire de mariage, Nick signale la disparition de sa femme Amy. La police arrive sur les lieux : pas d'effraction, du sang dans la cuisine, des traces de lutte dans le salon.

Passé 48 heures de recherches par tout le quartier et les médias, le mari qui semblait idéal va passer de victime à suspect potentiel. La police remue leur vie, décortique leurs sentiments.
Le couple modèle, jeune, beau, cultivé et riche vole en éclats. Nick aurait-il tué sa femme ?

Ce film m'a surprise ; j'avais non seulement l'envie, mais aussi la certitude de l'innocence de cet homme et d'un autre côté, j'étais particulièrement décontenancée de voir des preuves accablantes s'accumuler contre lui ; l'enquête piétine... jusqu'à l'issue, à laquelle je ne m'attendais pas du tout. 

Ce film nous raconte la vie d'un couple parfait, avec une rencontre coup de foudre, un mariage huppé, une très belle maison, une complicité à tous égards et ... des mensonges, des mystères, comme quoi, tout  peut basculer dans la vie.

La chute est digne d'un film d'Hitchcock... Un très bon film !

22/09/2014

Consonances, 24ème rencontres internationales avec la musique de chambre


Ces nouvelles rencontres avec la musique de chambre sont placées cette année sous le signe de la Guerre de 1914 : "Comme en 14".

Alors que les bottes du nazisme commençaient à se faire entendre un peu partout en Europe, les musiciens, mais aussi les artistes continuaient d'exercer leur art, peut-être pour exorciser leurs propres peurs et la prescience de ce qui devait arriver dans les mois à venir ?

La plupart des musiciens qui sont joués cette année à Consonances ont pour beaucoup pris part à cette guerre, côté français comme côté allemand ;  certains en première ligne,  comme Arnold SCHOENBERG, qui nous enchantera avec sa "Nuit transfigurée"... Ils étaient tous très jeunes, très patriotes et convaincus que cette guerre ne durerait que quelques semaines...

La musique peut-elle faire oublier les horreurs de la guerre ? Sans doute pas. 

Au moins a-t-elle à mes yeux (voire à mes oreilles) l'heur de nous laisser envahir par la beauté, par l'harmonie des instruments, au point non pas d'oublier la guerre, mais de se permettre un entracte, une pause dans cette immense boucherie, ce carnage, que fut la première guerre mondiale qui sera suivie d'une seconde, mais qui aura à elle seule montré la capacité des hommes à inventer toujours plus pour détruire l'autre. "L'homme est un loup pour l'homme".

Décidément, les musiciens ou les poètes, outre le fait qu'ils nous permettent d'accéder au beau, ont bien  le don de nous rendre la vie plus douce, même si ce n'est que temporaire  ! Merci à eux.

17/09/2014

20 ans avec mon chat, Mayumi Inaba


En 1977, l'auteure trouve un chaton abandonné et en fâcheuse posture. Commence alors une découverte mutuelle entre la petite Mî et sa maîtresse. Des moments de jeux, de câlins, de regards complices et tendres, mais aussi des coups de griffes et des morsures lorsque Mî et sa maîtresse doivent déménager, quitter leur petite maison avec jardin et changer leurs habitudes. Une petite chatte blanche qui, jour après jour, pousse l'auteure à se dépasser, à s'assumer.

C'est grâce à cette petite chatte que Mayumi Inaba va "s'autoriser" à écrire, à vivre seule une nouvelle vie bohème entourée d'artistes.

C'est aussi à travers elle que nous découvrons une ville en pleine mutation ; Tokyo !
Un joli voyage, rempli de poésie et une ode à nos félins miniatures.

05/09/2014

Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë



Emily Brontë n'a que 26 ans lorsqu'elle publie Les Hauts de Hurlevent. Il est difficile d'imaginer que c'est une "jeune fille" vivant retirée du monde dans un presbytère qui ait pu décrire avec autant de force la passion amoureuse, la soif de vengeance et les drames qui peuvent en découler.

Il semble évident qu'elle s'est largement inspirée du paysage familier qu'elle entrevoit tous les jours (la lande anglaise et les champs de bruyère) de la fenêtre de sa chambre pour bâtir son roman. Elle a sous les yeux tous les matériaux nécessaires à la "construction" de Hurlevent, la demeure de Catherine Earnshaw, bouillonnante "Cathy".

Les sentiments exacerbés qui animent les personnages de Cathy et du ténébreux Heathcliff lui auraient-ils été inspirés par les vents et les pluies de la lande anglaise qui l'entourent ?

Avec Les Hauts de Hurlevent, tous les ingrédients du romantisme et du roman gothique sont au rendez-vous. Un paysage largement tourmenté par les tempêtes de vent et de neige, des personnages déchirés par la passion amoureuse et/ou par la haine ; des personnages haut en couleur, qui ne font pas dans la demi-mesure, quitte à en payer le prix fort.
Pour ma part -et ce depuis plus de 30 ans- ce roman est mon "number one" de la littérature romantique anglaise qui, bien qu'écrit au XIXe siècle, n'en évoque pas moins des sentiments universels et intemporels.