18/07/2017

L'Ingénue libertine, Colette



"L'Ingénue libertine" est un roman écrit par Colette, publié en 1909Colette est une femme libre, engagée et qui plaide en faveur de l'émancipation féminine. Elle aussi a connu "L'entrave", lorsqu'elle était mariée à Willy... Elle sait ce que c'est d'être une femme mariée au XIXè siècle.

Le titre même de ce roman dépeint bien le paradoxe de Minne, ingénue d'un côté et libertine de l'autre. C'est un roman qui fait la part belle aux sentiments et aux attentes des femmes. 

Ce roman raconte les mésaventures de Minne, une ravissante jeune fille adorée par sa maman et entourée de son oncle maternel et de son cousin. Elle suit les cours des demoiselles Souhait avec des jeunes filles bien élevées... Tout a été arrangé pour que Minne ait une vie douillette et sans aucun souci.

Mais Minne rêve d'autre chose, elle veut connaître ce qu'elle appelle l'Aventure. Elle s'entiche alors d'un voyou des rues et rêve d'enlèvement...

Quelques années plus tard, on la retrouve mariée à son cousin Antoine, vivant dans le luxe de la grande bourgeoisie et déçue de l'Amour. Minne va chercher avec détermination l'homme qui lui saura lui donner ce bonheur merveilleux dont toutes les femmes qu'elle connaît parlent, le plaisir physique.

Alors qu'elle vient de se donner à un nouvel amant, Minne dépeint sa déception : "Ce plaisir là, il me le vole! C'est à moi, à moi, ce foudroiement divin qui le terrasse sur moi ! je le veux, ou bien, qu'il cesse de le connaître par moi!..".  Et elle ajoute "Je ne vous aime pas assez pour revenir. Avant-hier, je n'en savais rien. Vous ne saviez pas, hier, que vous m'aimiez. Nous avons fait, tous deux, des découvertes". Puis elle glisse vivement vers la porte, pour qu'il n'ait pas le temps de lui faire du mal.

Le plaisir de l'amour est le parfum qui nous suit jusqu'au tombeau.
Adolphe Ricard ; L'amour, les femmes et le mariage (1857)











29/05/2017

Les affranchis, Martin Scorcese



Ce film de Martin Scorcese nous retrace le parcours de Henry Hill, gamin des quartiers pauvres de New-York, mi-irlandais, mi-italien, qui va monter les échelons de la Mafia, jusqu'à faire partie de cette fine équipe qui trafique tout ce qui peut se vendre, les cigarettes, les homards, les manteaux de fourrure.
Ce faisant, il devient un "affranchi", qui n'a peur de rien ni de personne, qui a des privilèges, qui passe devant les autres et pour qui une table est toujours disponible dans les boîtes à la mode...

Niveau casting, c'est du lourd : Ray Liotta (Henry) entouré de Robert de Niro (Jimmy) l'acteur fétiche de Scorcese et Joe Pesci (Tom) dans son rôle de petit teigneux susceptible... qui d'ailleurs obtient l'Oscar 1990 du meilleur second rôle.

La vie coule, les années passent, avec les petites copines, les mariages, le baptême des enfants, entourés de leurs "parrains", une "vraie famille", soudée même dans les mauvais moments.
Lorsque Henry se retrouve en prison, Jimmy prend soin de sa femme et de ses enfants, les dépanne financièrement.

C'est le meurtre de Billie Batts, un caïd sorti de prison, qui va sceller le destin des trois hommes. A partir de cette bavure, le caïd de la bande adverse va chercher à se venger à tout prix.

L'alcool, la drogue, les grosses voitures, les visons... et par-dessus tout la violence, avec comme dans la plupart de ses rôles, un Joe Pesci bien remonté, sans aucun scrupule, susceptible comme une vierge effarouchée, qui "dézingue" à tout va. Du Scorcese comme on les aime.

"La violence est une forme d'amour"
Bernard Giraudeau




05/04/2017

La chamade, Françoise Sagan



En 1965, presque dix ans après la publication de "Bonjour Tristesse", Françoise Sagan, que le Général de Gaulle a déjà baptisé un "charmant petit monstre" publie "La Chamade".

Lucile, une très jolie femme de trente ans vit avec Charles Blassans-Lignières, un quinquagénaire élégant et fortuné qui l'entoure d'un amour désintéressé et protecteur.
Lors d'un dîner mondain, Lucile rencontre Antoine, jeune journaliste entretenu par Diane, une richissime femme très en vogue dans ce milieu parisien et superficiel. A la fin du dîner, les jeux sont faits. Lucile et Antoine se plaisent.

De retour chez Charles, celui-ci, qui aime profondément Lucile, lui dit : "Antoine vous plaît : voilà. Vous donnerez suite ou non, je le saurai ou non. Je n'y peux rien."  
C'est alors le début d'une folle passion cachée, qui mène Lucile chaque jour dans le modeste appartement d'Antoine,

Malgré sa profonde affection pour Charles, lorsqu'Antoine lui demande de choisir entre eux deux, elle décide de quitter Charles. "Vous me reviendrez. Je n'ai qu'à attendre." 
Charles ne semble pas en douter. Parce qu'il aime cette femme-enfant pour elle-même et qu'il accepte son insouciance, son oisiveté. Il lui offre un monde facile dans lequel Lucile a su se glisser avecdélice et qu'elle ne tardera pas à retrouver, après une parenthèse dans "la vraie vie".

L'amour fou peut-il résister au quotidien ? Lucile est-elle capable de devenir une femme active, de perdre sa liberté de ne rien faire par amour pour Antoine ?

 Elle finit par quitter Antoine et retourne vivre auprès de Charles :"Je n'étais pas faite pour rien de ce genre... Je serais morte ou je serais devenue laide. J'étais malheureuse, Antoine". 

Dans ce nouveau roman, Françoise Sagan nous dépeint -comme à son habitude- un milieu mondain, superficiel et sans états d'âme, où l'argent et le champagne coulent à flot. 
Un monde dans lequel les femmes sont belles, portent des robes de grands couturiers et se parent de bijoux de chez Cartier. Un monde enfin dans lequel personne ne semble vraiment travailler et où l'argent et le luxe sont une évidence. 

"L'oisiveté est mère de tous les vices, mais de toutes les vertus aussi"
Alain

(Cette citation m'arrange bien !)




28/02/2017

Concerto de l'adieu, Georges Delerue




En 1992, Pierre Schoendoerffer réalise le film 'Dien Bien Phu'.

En 1993, Georges Delerue reçoit le César de la meilleure musique originale pour son fameux 'Concerto de l'adieu '.

Le film nous dépeint les derniers jours avant la chute de Dien Bien Phu. Moment clé de la guerre d’Indochine qui oppose les forces de l’union française aux Vietminh, Dien Bien Phu tombe le 7 mai 1954 aux mains de l'ennemi.
Les parachutistes et les soldats de la Légion étrangère font un dernier baroud d'honneur.
Au total ce sont près de 4 000 paras et légionnaires qui affrontent 40 000 soldats vietnamiens..
Dans le film de Schoendoerffer, la soirée à l’opéra de Saïgon, nous laisse à entendre le magnifique ‘Concerto de l’adieu’ qui va accompagner les derniers soldats vers une mort certaine.
Le violon fait face aux percussions, beauté et grâce face aux bruits et fureurs de la guerre. Les 'sanglots' du violon semblent préparer la France à des deuils douloureux et à la fin d'une époque. 
Les accords de Genève vont mettre fin à la colonisation française.
C'est un déchirement tout en finesse et en virtuosité que nous offre G. Delerue.
Triste, oui, mais sublime...

'Les plus désespérés sont les chants les plus beaux
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots'
Alfred de Musset - La nuit de mai

18/01/2017

Nabucco, Verdi



Petit retour sur cet opéra vu en direct du Metropolitan Opera de New-York, au cinéma... à
Saint-Nazaire.

Opéra en quatre actes, dirigé par James Levine et avec Placido Domingo en ténor flamboyant dans le rôle du charismatique Nabucco.

La ville de Jérusalem est attaquée par le Roi de Babylone, Nabucco. Sa fille Fenena, retenue en otage par le peuple juif est amoureuse en cachette d'Ismaël, le neveu du Roi de Jérusalem. 
Abigaille, la demi-soeur de Fenena, est elle aussi amoureuse d'Ismaël.

Lorsqu'elle apprend qu'elle n'est que la fille d'une esclave, Abigaille, pour se venger de sa demi-soeur et de son père, décide de renverser Nabucco et de prendre le pouvoir de Babylone.
Nabucco, osant se proclamer l'égal des Dieux tombe terrassé par la foudre divine. Affaibli, il signe l'arrêt de mort des hébreux. Dans le célèbre air "Va pensiero", ou le choeur des juifs, ces derniers rêvent à leur patrie perdue.
Dans le dernier acte, Nabucco, tel le phénix renaissant de ses cendres, reprend les rênes de son royaume, demande le pardon aux juifs et à son peuple et ordonne à ses soldats de ne pas procéder à l'arrêt de mort.

Quatre actes, trois heures et demie pour un opéra qui traite de l'amour, de la trahison, de l'honneur thèmes chers à l'opéra classique.
En 1842, à la Scala de Milan, Verdi reprend un sujet biblique et enthousiasme le public, avec ses accents romantiques et pleins d'espoir d'une Italie qui rêve elle aussi à une unité nationale.

C'est un opéra fougueux, enflammé, avec des décors magnifiques, représentant successivement Babylone et Jérusalem.
Il nous laisse à voir les accès de rage d'Abigaille, jalouse, ainsi que la vaillance, la démesure et pour finir l'humanité de Nabucco, sous les traits de Placido Domingo, qui, a près de 75 ans, campe un Roi puissant, charismatique même dans sa démesure...
Je suis sous le charme.